Mon Bonheur

Mon Bonheur

Article écrit pour le Blog LA PAUSE MEDITATION

www.lapausemeditation.org


Le bonheur. Quel mot ! Quelle belle idée !

une idée…

Car pour moi, c’est cela… une idée… Un mot… Ce mot que l’on trouve partout, dans les livres, dans les magazines, dans les publicités… Même le Nutella prétend permettre d’accéder au bonheur! Parlons-en à mes cuisses et à mes fesses, vous apprendrez que le bonheur n’est pas forcément au rendez-vous.

Tout le monde parle du bonheur… Le Bonheur avec un grand B… Cette sorte d’utopie que tout le monde devrait pouvoir atteindre… Bah oui… forcément…

Et bien non, pas forcément. Pourquoi forcément ? Je me suis sentie si souvent coupable de ne pas atteindre ce bonheur qui serait sensiblement l’ultime objectif du commun des mortels. J’avais le même ressenti tortueux que seule moi ne l’avais pas atteint. Et assaillie de milliers de questions, à m’en donner mal au tête, je me suis enlisée dans une culpabilité telle, que je me suis sentie exceptionnellement étrangère à cette notion, le bonheur. Etais-je la seule à ne rien y comprendre? Suis-je prédisposée à ne pas l’atteindre ? Pourquoi n’était-il pas fait pour moi ? Suis-je indigne de ce bonheur que d’autres semblaient avoir croisé? Si tout le monde en parle, suis-je la seule à ne pas l’avoir trouvé ? Quelle honte pour moi de demander autour de moi! Et si j’étais réellement la seule… Me voilà donc seule, dans cette quête du bonheur, notion qui avait fini par me paraître totalement étrangère. Je me suis vue si petite... tellement petite… toute petite dans ce monde noyé par ces lettres du mot BONHEUR, placardé partout… même sur les murs du métro parisien comme un pansement sur cette vie souterraine si particulière. Si petite et le coeur lourd de me sentir incapable de le connaître ce bonheur. Petite, incapable et incomprise. Incomprise mais aussi en colère de ne pas le comprendre moi-même ce foutu truc appelé Bonheur.

Avide de rechercher ce but ultime, je me suis perdue dans mes questionnements. Sur ma barque, je ramais à contre-courant, à bout de souffle, envers et contre moi-même, envers et contre tous, sans parvenir à le trouver.

Mais merde ! Où est-il ? Que fait-il? Pourquoi pas moi ? Pourquoi pas chez moi ?

Essoufflée d’avoir hurlé de colère, contre moi, contre le monde, contre tout, je me pose, épuisée, face à ma triste réalité. Les yeux fermés, les yeux chauds, les yeux gonflés.

B.O.N.H.E.U.R…

 

 

Je vois ces lettres dans ma tête. Elles tournent, changent de place, elles sont floues. Pourquoi ces lettres ci pour former ce mot? Pourquoi ce mot pour cette réalité ? Le bonheur est-il le même pour chacun des 274 millions de francophones dans le monde. Et le bonheur, traduit dans les 7000 langues et dialectes connus dans le monde (pour peu que ce concept existe dans toutes les cultures…), peut-il être le même pour tous? Mon voisin a-t-il atteint le bonheur? Mes parents ? L’ont-ils touché du doigt? Toucher quoi ? Peut-on ne serait-ce qu’effleurer un concept ? Mais c’était bien sûr que non! C’est ce que j’ai réalisé lorsque, un soir d’été, un ami me dit : “Quel bonheur, apéro, soleil, chaleur… Quel bonheur…(et il souffle de bien-être)”... je l’ai regardé, longuement. Bonheur de quoi ? Cela voudrait-il dire que ce vide que je ressens devrait être comblé par un apéro et par l’excessive chaleur du Soleil? Non conquise par ce qu’il venait de dire, je lui demande de m’expliquer. Il me répond tout simplement: “C’est mon bonheur….”

Je suis restée assise à ses côtés, le regard dans le vide, interpellée par cette révélation qui  venait à moi. Son bonheur. Quel culot de s’être approprié ce mot. Mais quel génie. Son visage esquissait ce sourire paisible de la personne contentée et heureuse. Avec un Pastis et la peau brûlée par le Soleil. Il y croyait, en son bonheur. C’était beau à regarder.

Surprise par cette révélation, je m’aperçois aussi que pour la première fois, je m’ouvre à d’autres regards, d’autres expériences plutôt que de ruminer sur mes questions existentielles. Je serais passée à côté de cela si je ne lui avais pas demandé tout simplement de m’expliquer.

Me voici donc en quête de Mon Bonheur.

Comment ai-je pu être si aveuglée par mes états d’âme? Comment ai-je pu être si fermée au monde pour me torturer ainsi? Je m’en voulais alors de ne pas avoir compris plus tôt que le bonheur était une généralisation telle que chacun pouvait y mettre ce qu’il voulait y voir dedans. Bien sûr que mon bonheur ne pouvait pas être le même que mon ami, que mes parents, que mes voisins.

J’allais trouver le mien avec la même énergie que celle qui m’a enlisée jusqu’alors. Il allait être beau, mon Bonheur. J’allais simplement me mettre en quête de moi-même. J’allais me trouver définissant moi-même mon bonheur, me l’approprier, l’écrire et le construire! Mon projet. Mon projet de vie.

Je savais enfin ce que je cherchais. Mon vide créé par ce mot bonheur allait s’enrichir de ma propre idée.

Je décide alors de fermer les yeux, les lettres sont venues à moi et alors plus sereine de savoir par quoi commencer, j’ajoutais dans ma tête les lettres M.O.N, lumineuses.

J’ouvrais une page blanche dans ma vie...

Avec bonheur…

 

Claire MAUNIE DEBIN

 

 

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